Jumelles Bushnell 131225 12×25 Powerview : test et avis
Compacte de poche d'entrée de gamme, pour un usage occasionnel de plein jour (voyage, spectacle, dépannage), pas pour l'ornithologie sérieuse ni la faible lumière.
Les Bushnell PowerView 12×25 (référence 131225) sont une paire de jumelles compactes à prismes en toit, pensées pour tenir dans une poche. C’est un produit d’entrée de gamme d’ancienne génération : Bushnell l’a aujourd’hui retiré de son catalogue, remplacé par la gamme PowerView 2. On la trouve encore chez quelques revendeurs qui écoulent leurs stocks, mais ce n’est plus un modèle mis en avant par la marque.
Je l’ai testée en gardant en tête ce qu’elle est vraiment : une compacte pas chère, faite pour dépanner par beau temps, pas pour rivaliser avec de vraies jumelles d’observation. Autant vous le dire tout de suite, le format 12×25 est un choix marketing (le gros chiffre de grossissement qui rassure en rayon) plus qu’un choix optique. Voici concrètement ce que ça donne sur le terrain.
L’optique : du grossissement, mais un petit diamètre qui coince
Le principe même de ces jumelles pose problème. On a 12x de grossissement pour seulement 25 mm de diamètre d’objectif. Divisez l’un par l’autre et vous obtenez une pupille de sortie de 2,1 mm, c’est le petit rond de lumière qui arrive à votre œil. C’est très peu. En plein soleil, ça passe. Dès que la lumière baisse (fin de journée, sous-bois, ciel couvert), l’image s’assombrit nettement et perd en détail. Les prismes sont en BK-7 et l’optique est simplement traitée (« fully coated »), pas multicouches : le piqué reste correct au centre par bonne lumière, mais le contraste est moyen et les bords ramollissent. C’est cohérent avec le positionnement, sans plus.
Le champ de vision : le vrai point faible
240 pieds à 1000 yards, soit 4,6 degrés. Traduit en clair : c’est étroit, très étroit. Concrètement, on regarde le paysage à travers un tunnel. Pour suivre un oiseau qui vole ou balayer une haie, c’est frustrant, on cherche son sujet et on le perd facilement. Ce champ réduit est la conséquence directe du fort grossissement sur un petit objectif. Si vous visez l’ornithologie, c’est vraiment le format à éviter.
Construction et ergonomie : simple mais solide
C’est là que la PowerView s’en sort le mieux. Le blindage caoutchouc, le corps léger (environ 322 g) et la construction sans fioriture encaissent bien les chocs et les années. Plusieurs utilisateurs rapportent des paires qui ont survécu à dix ans de sac à dos et de chutes. La mise au point centrale est intuitive et les bonnettes se rabattent. En revanche, le dégagement oculaire de 10 mm est court : si vous portez des lunettes, vous ne verrez pas tout le champ, et le confort en pâtit. Autre limite, elle n’est ni étanche ni purgée à l’azote, donc à protéger de la pluie et des écarts de température qui peuvent créer de la buée interne.
Sur le terrain : le tremblement du 12x à main levée
Impossible de passer à côté : à 12x tenu à main levée, l’image tremble. Beaucoup. Le moindre battement de cœur ou souffle de vent fait danser la scène. Sans point d’appui (une rambarde, un arbre, un muret), difficile de profiter vraiment du grossissement. Paradoxalement, ces 12x qui devaient être l’argument de vente deviennent un handicap sans trépied, et justement, cette référence n’est pas prévue pour être montée sur trépied. Pour un usage à main levée, un 8x aurait été bien plus reposant et exploitable.
Face à la concurrence actuelle
Comparée aux compactes récentes, la 131225 accuse son âge, notamment sur les traitements optiques et l’étanchéité désormais courants même en entrée de gamme. Chez la marque elle-même, la gamme PowerView 2 a pris le relais avec des optiques revues. Si vous tenez à la marque, je vous renvoie à notre comparatif des meilleures jumelles Bushnell pour voir les modèles actuels et mieux dimensionnés. Au global, je lui mets six virgule deux sur dix : une note d’entrée de gamme assumée, correcte pour un usage de dépannage de plein jour, mais plombée par un format 12×25 mal équilibré.
On aime
- Vraiment minuscule et légère, tient dans une poche de veste ou une boîte à gants
- Fort grossissement 12x qui rapproche bien les sujets par beau temps
- Blindage caoutchouc et construction simple qui encaissent les chocs et durent des années
- Prise en main immédiate, mise au point centrale intuitive
- Format idéal comme paire de secours qu'on n'a pas peur d'abîmer
On aime moins
- Champ de vision très étroit (4,6 degrés) : on cherche longtemps son sujet et on perd les oiseaux en vol
- Pupille de sortie minuscule de 2,1 mm : image qui s'assombrit vite au crépuscule ou en sous-bois
- 12x tenu à main levée tremble énormément, l'image danse sans point d'appui
- Dégagement oculaire de 10 mm inconfortable pour les porteurs de lunettes, prismes BK-7 et traitement simple qui bride le piqué, et aucune étanchéité
Notre verdict
Les Bushnell PowerView 12×25 restent une compacte honnête pour ce qu’elle vaut : minuscule, robuste et sans prétention. Mais le compromis 12×25 est bancal (champ étroit, image sombre en basse lumière, tremblement à main levée), et le modèle est désormais discontinué. Je la réserve à celui qui veut une paire d’appoint à glisser dans une poche pour un usage occasionnel en plein jour, sans en attendre de miracle. Si vous cherchez une paire réellement à jour et achetable aujourd’hui, mieux vaut regarder un format 8x ou 10x mieux équilibré : jetez un œil à notre comparatif des jumelles Bushnell pour choisir une alternative actuelle adaptée à votre usage.

