Jumelles Bushnell Powerview 20×50 : test et avis
Pour l'observateur à petit budget qui veut du fort grossissement fixe (paysage lointain, lune, surveillance) et qui accepte de poser les jumelles sur trépied.
Les Bushnell PowerView 20×50 font partie de ces jumelles que l’on croise partout dans les rayons discount et les listes de best-sellers à petit prix. Il s’agit d’un modèle d’entrée de gamme de la génération précédente, un gros Porro tout simple qui joue à fond la carte du grossissement élevé : 20x, c’est énorme pour des jumelles de poing. La référence d’origine (132050) est aujourd’hui remplacée dans le catalogue par les PowerView 2 20×50, mais on trouve encore la version historique un peu partout en stock d’écoulement et sur le marché de l’occasion.
J’ai tenu à la tester honnêtement, parce que ce genre de produit attire beaucoup de débutants séduits par le chiffre 20x sans savoir ce que ça implique au quotidien. Je vais vous dire ce qu’elles valent vraiment sur le terrain, où elles pèchent, et pour qui elles gardent un intérêt en 2026.
L’optique : le grossissement avant tout, la finesse après
Sur le papier, 20×50 fait rêver : on rapproche vingt fois, avec des objectifs de 50 mm censés capter beaucoup de lumière. Dans les faits, la formule montre vite ses limites. Les prismes sont en verre BK-7 et non en BAK-4, ce qui se voit immédiatement : la pupille de sortie n’est pas parfaitement ronde mais légèrement grisée sur les bords, les contours du champ manquent de netteté et les contrastes restent moyens. Le traitement multicouche fait le minimum pour limiter les reflets, sans plus. Au centre, de jour et par beau temps, l’image reste exploitable et le sujet lointain est bel et bien rapproché. Mais dès que la lumière baisse, la pupille de sortie de 2,5 mm seulement rend l’image sombre : ces jumelles ne sont pas faites pour l’aube, le crépuscule ou le sous-bois. Le dégagement oculaire de 9 mm est également court, les porteurs de lunettes ne verront jamais tout le champ.
Construction et ergonomie : simple, un peu daté
Le châssis est classique, revêtu de caoutchouc, avec une molette de mise au point centrale et des bonnettes rabattables. La prise en main est correcte, la molette tourne sans à-coup majeur. Le point à retenir absolument : le filetage pour trépied, indispensable ici. À 851 g, ces jumelles ne sont pas des poids plume, et surtout, à 20x, la moindre pulsation cardiaque se transforme en tremblement à l’image. La distance de mise au point mini, autour de 13,7 m, est très longue et interdit toute observation rapprochée. Enfin, l’absence d’étanchéité et de purge à l’azote est un vrai handicap : par temps humide ou en cas d’écart de température, le risque de buée interne est réel.
Sur le terrain : impossible sans trépied
C’est le verdict central de mon test. À main levée, le 20x est tout simplement intenable : l’image danse en permanence et fatigue les yeux en quelques secondes. Posées sur un trépied, elles changent de nature et deviennent réellement utiles pour scruter une ligne de crête, un plan d’eau lointain, un détail de bâtiment, ou pour observer les cratères de la lune, usage où elles s’en sortent honorablement. Pour l’ornithologie mobile, en revanche, oubliez : le champ étroit et le tremblement rendent le suivi d’un oiseau très pénible. Compte tenu de leur catégorie, jumelles d’entrée de gamme ancienne à fort grossissement, je leur mets 6,2/10 : elles font le travail dans un cadre précis, mais accumulent trop de compromis pour convaincre au-delà.
Face à la concurrence actuelle
Le principal souci des PowerView 20×50, c’est qu’elles sont concurrencées par leur propre remplaçante, les PowerView 2, et par des Porro ou toits plus modernes mieux traités. Si la marque vous intéresse, je vous invite à consulter notre comparatif des meilleures jumelles Bushnell, où je détaille les modèles actuels et les grossissements plus raisonnables (8×42, 10×42) qui offrent bien plus de confort et de piqué au quotidien. Pour un usage polyvalent tenu à la main, un 8x ou 10x battra ces 20×50 sur presque tous les critères qui comptent vraiment.
On aime
- Grossissement 20x qui rapproche vraiment les sujets lointains
- Objectifs de 50 mm généreux pour la lumière brute
- Prisme Porro qui donne un vrai relief 3D à l'image
- Filetage trépied présent, indispensable ici
- Construction simple et robuste, poignée qui tient bien en main
On aime moins
- Impossible à tenir stable à main levée, le tremblement gâche l'image sans trépied
- Prismes BK-7 qui rognent les bords du champ et ternissent les contrastes
- Dégagement oculaire de 9 mm trop court pour les porteurs de lunettes, et pupille de sortie de 2,5 mm qui rend l'image sombre en faible lumière
- Ni étanches ni purgées azote, avec une mise au point mini vers 13 m inutilisable de près
Notre verdict
Les Bushnell PowerView 20×50 ne sont pas de mauvaises jumelles dans l’absolu, mais des jumelles très spécialisées et datées, dont le seul argument, le 20x, est aussi leur principal défaut à main levée. Je les recommande uniquement au petit budget qui veut un fort grossissement fixe, sur trépied, pour du paysage lointain ou la lune, et qui accepte le manque de luminosité et l’absence d’étanchéité. Pour tout le reste, et pour un modèle réellement achetable et à jour aujourd’hui, orientez-vous vers les références actuelles détaillées dans notre comparatif des jumelles Bushnell : vous y trouverez des alternatives plus polyvalentes qui vous serviront bien plus souvent.

