Jumelles Leica Ultravid 10×25 BR : test et avis
Pour le voyageur, le randonneur ou l'ornithologue qui veut la meilleure optique possible dans une paire qui tient dans une poche de veste, sans compromis sur le rendu Leica.
La Leica Ultravid 10×25 BR appartient à la famille des jumelles de poche haut de gamme de Leica, celles que l’on glisse dans une poche de veste et que l’on oublie tant elles sont légères. Malgré son âge, ce modèle n’a rien d’un vestige : Leica le commercialise toujours en 2026, à côté des déclinaisons Colorline aux coloris plus modernes, et il reste la référence des compactes alpha aux côtés des Swarovski CL Pocket et des Zeiss Victory Pocket.
Je l’ai utilisée sur le terrain comme deuxième paire, en complément d’une 42 mm, et aussi seule en voyage quand chaque gramme compte. L’idée de cette fiche est simple : vous dire honnêtement ce que vaut cette optique aujourd’hui, ce qu’elle fait exceptionnellement bien, et là où le format 25 mm impose ses limites, pour que vous sachiez si c’est la bonne paire pour vous.
Optique : le rendu Leica dans un mouchoir de poche
C’est là que cette paire justifie sa réputation. Prismes en toit à correction de phase, système HighLux, traitement multicouche HDC : l’image est lumineuse, neutre en couleurs et remarquablement piquée, y compris sur les bords, ce qui est rare sur une compacte. Les lentilles asphériques limitent très bien les franges colorées, même en contre-jour sur une silhouette d’oiseau. Pour un objectif de 25 mm, le rendu diurne est tout simplement bluffant, et c’est ce qui la place dans le haut du panier. Sur ce seul critère optique, je lui mets neuf sur dix.
La contrepartie tient à la physique, pas à Leica : la pupille de sortie n’est que de 2,5 mm. En plein jour, aucun souci. Mais au crépuscule, en forêt dense ou à l’aube, l’image s’assombrit nettement plus vite qu’avec une 42 mm. C’est le prix du format de poche, et il faut l’accepter en connaissance de cause.
Construction et ergonomie : minuscule et increvable
La double charnière permet de replier les tubes sous le pont : fermée, la paire tient réellement dans une poche de chemise, et elle ne pèse qu’environ 267 g. Le boîtier aluminium, l’étanchéité à 5 m et le remplissage à l’azote en font un objet robuste, pas un bijou fragile. Le traitement AquaDura fait perler l’eau et facilite grandement le nettoyage sur le terrain. En revanche, la molette de mise au point est petite et peu commode avec des gants, et le réglage dioptrique peut se dérégler tout seul si on n’y prend pas garde. Les bonnettes sont aussi un peu justes pour les grandes mains.
Sur le terrain : brillante en voyage, limitée pour l’affût
En randonnée et en voyage, c’est un bonheur : on l’a toujours sur soi et on ne renonce jamais à observer parce qu’elle est trop encombrante. Pour l’ornithologie diurne en terrain ouvert, elle fait un excellent travail. Là où elle montre ses limites, c’est le champ de vision de 5,2°, assez étroit : suivre un passereau qui saute de branche en branche demande de la patience, et le grossissement 10x accentue les tremblements à main levée. Pour de l’observation prolongée ou en basse lumière, une 8×42 reste plus confortable.
Face à la concurrence actuelle
Dans la catégorie des compactes alpha, elle se bat contre la Swarovski CL Pocket et la Zeiss Victory Pocket, toutes deux excellentes et souvent dotées d’un champ un peu plus large. La Leica garde pour elle son rendu neutre très caractéristique et sa finition. Si vous hésitez entre les différentes Leica, ou entre une compacte et une 42 mm de la marque, je vous renvoie à notre comparatif des meilleures jumelles Leica, qui remet ce modèle en perspective face aux Trinovid et Noctivid actuelles.
On aime
- Optique alpha Leica dans un format ultra compact et léger (environ 267 g)
- Image lumineuse, neutre et piquée jusqu'aux bords pour un si petit objectif
- Se replie très petit grâce à la double charnière, tient dans une poche de chemise
- Construction irréprochable, étanche à 5 m et remplie d'azote
- Traitement AquaDura qui fait perler l'eau et facilite le nettoyage
On aime moins
- Champ de vision étroit (5,2°), on cherche vite les oiseaux qui bougent
- Petite pupille de sortie de 2,5 mm : décroche nettement au crépuscule et en sous-bois
- Molette de mise au point petite, peu pratique avec des gants
- Bouton dioptrique qui peut se dérégler par inadvertance, et bonnettes justes pour les grandes mains
Notre verdict
La Leica Ultravid 10×25 BR reste, en 2026, une des meilleures jumelles de poche que l’on puisse acheter : une optique alpha, une construction sérieuse et un format qui tient vraiment dans une poche. Ses défauts (champ étroit, faiblesse en lumière déclinante, molette un peu petite) sont inhérents au format 25 mm, pas à la qualité Leica. Je la recommande comme deuxième paire de luxe ou comme compagne de voyage, pas comme unique paire polyvalente. Si vous cherchez la version la plus adaptée à votre usage ou une alternative Leica actuellement achetable, jetez un œil à notre comparatif des jumelles Leica avant de vous décider.

