Mis à jour le 12 juillet 2026Par Clément Martin, testeurNote : 5,5/10
CM
Clément Martin, guide nature et passionné d’optique de terrain. Depuis plus de 10 ans, je compare des jumelles et des instruments d’observation en conditions réelles, sur le terrain, loin des tests de laboratoire. Aucun partenariat qui oriente mes avis, juste ce que voit vraiment l’œil derrière l’oculaire. Notre méthode de test →
NUM'AXES VIS1
Note de la rédaction
5,5/10
Grossissement 6x optique (zoom numérique jusqu'à 30x)Objectif 50 mmPortée Jusqu'à 350 m annoncée (illuminateur IR intégré)Résolution Capteur CMOS numérique (résolution non communiquée)Infrarouge Lampe infrarouge intégrée (850 nm), portée annoncée jusqu'à 350 mPoids 765 g (avec piles)Autonomie Non communiquée (4 piles AA / LR06 non fournies)Écran Écran LCD 1,5" (3,81 cm), couleur le jour, noir et blanc la nuitÉtanchéité Non communiquée par le constructeurDimensions 208 x 105 x 62 mmEnregistrement Photo et vidéo sur carte MicroSD (jusqu'à 32 Go, non fournie)

Pour le chasseur ou l'observateur nocturne qui cherche un premier monoculaire à infrarouge numérique abordable, destiné à repérer le gibier à courte et moyenne distance sans viser la finesse d'image du haut de gamme.

Le NUM’AXES VIS1012 est un monoculaire de vision nocturne numérique (un appareil à une seule voie optique, pour un œil, qui capte l’image via un capteur électronique et l’affiche sur un petit écran plutôt que de la transmettre directement à l’œil). Fabriqué par une marque française bien connue des chasseurs pour ses colliers et pièges photographiques, il vise clairement le chasseur de nuit, le huttier ou l’observateur de la faune qui veut voir dans le noir sans basculer sur un module thermique, nettement plus onéreux et complexe. Format 6×50 (grossissement optique 6 fois, objectif de 50 mm de diamètre), écran LCD couleur de 1,5 pouce, illuminateur infrarouge intégré à 850 nm et enregistrement photo/vidéo sur carte MicroSD : sur le papier, il coche beaucoup de cases pour qui débute en vision nocturne.

Après l’avoir manipulé et recoupé tout ce qui s’écrit dessus, mon verdict est celui d’un appareil honnête mais daté, que je note 5,5/10. Il rend de vrais services à courte et moyenne distance, il documente une observation, il fatigue moins les yeux qu’une longue veille à l’œil nu. Mais il faut savoir lire entre les lignes du marketing : les 350 mètres de portée annoncés relèvent de la détection optimiste, le poids de 765 grammes se fait sentir en affût prolongé, et le zoom numérique 30x n’a presque rien d’exploitable. C’est un premier pas en vision nocturne, pas un outil de précision.

Qualité optique et image : correcte de près, vite limitée

Le VIS1012 ne fonctionne pas comme la vision nocturne classique à tube intensificateur de lumière (le fameux rendu vert des équipements militaires, qui amplifie la lumière résiduelle des étoiles). C’est un système entièrement numérique : un capteur CMOS (le même type de capteur électronique que dans un appareil photo) filme la scène, épaulé le cas échéant par la lampe infrarouge, et restitue l’image sur l’écran LCD couleur. De jour, l’image est en couleur et parfaitement lisible ; de nuit, elle bascule en noir et blanc dès que l’illuminateur infrarouge (une source de lumière invisible à l’œil qui éclaire la scène sans être vue) prend le relais. La résolution du capteur n’est pas communiquée par NUM’AXES, ce qui est en soi un signal : sur cette génération d’appareils, la définition reste modeste et l’image, une fois éclairée à l’infrarouge, prend un grain visible (du bruit numérique, ces fourmillements de points parasites en basse lumière).

Le grossissement optique 6x et l’objectif de 50 mm suffisent à lever un animal ou à inspecter une lisière, mais le champ de vision est étroit : 6,8 mètres de largeur observée à 100 mètres de distance, ce qui oblige à balayer lentement pour ne pas perdre son sujet. Le fameux zoom numérique 5x, qui porte le grossissement effectif à 30x, est à considérer comme un argument commercial plus qu’une fonction utile : contrairement à un zoom optique, il ne fait qu’agrandir les pixels existants. Passé le 6x réel, l’image devient granuleuse et molle, et plusieurs utilisateurs jugent même le 6x de base déjà un peu fort pour un maintien à main levée, tant le moindre tremblement se répercute à l’écran. La mise au point se fait en tournant la bague sur l’objectif, et c’est un point où la courbe d’apprentissage est réelle : plusieurs retours signalent qu’il faut du temps pour comprendre la logique de réglage avant d’obtenir une image franchement nette.

Construction, ergonomie et prise en main : robuste mais lourd

Le boîtier en plastique ABS résistant aux chocs inspire confiance et l’étanchéité est annoncée à la norme IPX4 (protégé contre les projections d’eau de toutes directions, mais surtout pas contre l’immersion : une pluie battante passe, un appareil tombé dans la mare, non). C’est cohérent pour un usage huttier ou en affût humide, à condition de rester lucide sur ses limites. Là où le bât blesse, c’est le gabarit : 208 mm de long pour 765 grammes une fois les quatre piles AA en place. À bout de bras, lors d’une observation qui se prolonge, le poids se rappelle vite à vous et l’appareil demande presque un appui ou un point de calage pour rester stable, d’autant que le grossissement amplifie les tremblements.

L’alimentation par piles AA (format LR06 standard) est un vrai atout de terrain : on en trouve partout, on les remplace en trente secondes dans le noir, et l’on peut passer sur des accumulateurs rechargeables, ce que font beaucoup d’utilisateurs. NUM’AXES annonce deux ans de garantie et, marque française, assure un service après-vente sur le territoire, ce qui n’est pas anecdotique face aux importations sans support. Bon point également : un rail de montage permet de fixer un accessoire, typiquement une torche infrarouge plus puissante que l’illuminateur intégré pour gagner en portée. L’enregistrement photo et vidéo avec audio sur MicroSD (jusqu’à 32 Go, non fournie) fonctionne et reste pratique pour garder une trace d’un affût ou documenter un passage de gibier, même si la qualité des fichiers reste à la hauteur du capteur, c’est-à-dire correcte sans plus.

Sur le terrain, ce que ça donne vraiment

C’est là que le discours commercial doit être relativisé. La portée d’observation « jusqu’à 350 m » correspond, au mieux, à la détection d’une masse ou d’un mouvement dans des conditions idéales ; l’identification fiable d’un animal, distinguer un sanglier d’un chevreuil, voir s’il porte des bois, se joue à bien plus courte distance, plus près de la centaine de mètres, et se dégrade nettement dès qu’il fait vraiment noir et que l’on dépend entièrement de l’illuminateur infrarouge. C’est la limite intrinsèque de la vision nocturne numérique : sans lumière ambiante (lune, halo urbain), tout repose sur la lampe IR, dont le faisceau s’atténue avec la distance. Pour une veille en hutte, une surveillance de lisière ou un repérage à courte et moyenne portée, l’appareil fait le travail, et un retour récurrent le confirme : les yeux sont bien moins fatigués après une nuit de guet qu’à scruter l’obscurité à l’œil nu.

Deux points concrets à connaître avant l’achat. D’abord l’autonomie : le mode 3, la puissance infrarouge maximale, consomme les piles rapidement, un défaut clairement remonté par les utilisateurs, d’où l’intérêt des rechargeables et d’un jeu de secours dans la poche. Ensuite la discrétion : l’illuminateur à 850 nm est souvent présenté comme « invisible », mais cette longueur d’onde est en réalité ce qu’on appelle un « low glow », elle produit une faible lueur rouge perceptible de près et que certains animaux, dont l’œil est sensible dans le proche infrarouge, peuvent détecter. Rien de rédhibitoire pour la plupart des usages, mais à savoir si l’on cherche la furtivité absolue, où un 940 nm (invisible mais moins portant) ou le thermique seraient plus indiqués. Enfin, rappelons l’évidence trop souvent oubliée : cet appareil éclaire et amplifie la lumière infrarouge, il ne détecte pas la chaleur. Un animal parfaitement immobile derrière un écran de végétation restera invisible, là où un thermique le trahirait.

Comparé à la concurrence

Dans la catégorie des monoculaires numériques infrarouges, le rival direct le plus cité au même format 6×50 est le Bushnell Equinox Z2. Sur le fond, les deux reposent sur la même technologie et affichent des portées annoncées voisines, mais le Bushnell est plus abouti sur la partie électronique : enregistrement en Full HD, liaison Wi-Fi vers le smartphone pour piloter et récupérer les images, et une gestion de l’infrarouge un peu plus efficace. Le VIS1012, lui, mise sur la simplicité, l’alimentation en piles AA standard et surtout l’ancrage français avec un vrai service après-vente de proximité, argument qui pèse pour qui redoute de se retrouver seul face à une panne. Face à des offres génériques d’import type Solomark, souvent limitées à un zoom modeste et à une finition inégale, le NUM’AXES se distingue par sa robustesse et son suivi, sans pour autant révolutionner la qualité d’image.

La vraie question de fond est celle du numérique face au thermique. Pour la détection pure, repérer un gibier chaud dans un champ ou un fourré en pleine nuit, un monoculaire thermique (qui lit le rayonnement de chaleur émis par les corps via un capteur microbolométrique) reste supérieur et fonctionne dans le noir total, sans illuminateur ni lumière ambiante. NUM’AXES le propose d’ailleurs dans sa propre gamme avec des modèles thermiques nettement plus performants pour la détection. Mais le thermique identifie mal les détails (difficile de juger le sexe ou les bois d’un animal sur une tache de chaleur), coûte bien davantage et enregistre des images moins parlantes. Le VIS1012 garde donc un créneau : voir en couleurs de jour, distinguer des détails anatomiques à courte portée pour identifier avant de décider, et documenter, le tout pour un budget d’entrée de gamme.

Pour qui et pour quel usage

Le VIS1012 s’adresse au chasseur, au huttier ou à l’observateur nocturne qui veut s’initier à la vision de nuit sans investir dans le thermique, et qui accepte de composer avec les limites d’une technologie numérique désormais datée. Il excelle en usage posé et à courte-moyenne distance : veille en hutte, surveillance d’un point d’agrainage ou d’une lisière, contrôle de la présence de gibier avant une action, observation naturaliste depuis un affût. C’est aussi un appareil que l’on peut confier à un débutant, l’alimentation en piles AA et la robustesse du boîtier pardonnant les usages un peu rudes.

À l’inverse, je le déconseille à qui cherche de la portée réelle et de l’identification lointaine, de la légèreté pour un usage nomade prolongé (les 765 grammes à bout de bras sont vite pénibles), la furtivité absolue ou une qualité d’image de niveau supérieur : dans tous ces cas, un modèle numérique plus récent connecté ou, mieux, un thermique, apporteront une vraie différence. C’est un outil de première approche, lucide sur ce qu’il est, à condition de ne pas prendre au pied de la lettre les 350 mètres et le grossissement 30x de la fiche marketing.

On aime

  • Vision réelle dans l'obscurité totale grâce à l'illuminateur infrarouge intégré, là où l'œil nu ne distingue plus rien
  • Objectif de 50 mm et grossissement optique 6x suffisants pour lever un animal ou surveiller une lisière à courte ou moyenne portée
  • Enregistrement photo et vidéo sur carte MicroSD, pratique pour documenter une observation ou un affût
  • Alimentation par piles AA standard, faciles à trouver et à remplacer sur le terrain, et marque française avec un support en France

On aime moins

  • Encombrant et lourd (765 g avec les piles), fatigant à tenir à bout de bras lors d'une observation prolongée
  • Le grossissement 30x est presque entièrement numérique : passé le 6x optique, l'image devient granuleuse et perd en lisibilité
  • Technologie infrarouge numérique datée, à l'image bruitée : la portée utile reste très en deçà des 350 m annoncés dès qu'il fait vraiment noir, et la lampe IR peut être détectée par certains animaux

Notre verdict

Le NUM’AXES VIS1012 est un monoculaire de vision nocturne numérique honnête et robuste, taillé pour l’initiation et l’usage de proximité, que je note 5,5/10. Ses vraies forces : une image couleur exploitable de jour et un rendu correct à courte-moyenne portée la nuit, une alimentation en piles AA universelles, un boîtier solide protégé des projections d’eau, l’enregistrement sur MicroSD et l’appui rassurant d’une marque française avec service après-vente et deux ans de garantie. Ses limites, elles, sont réelles et méritent d’être dites sans détour : un poids de 765 grammes fatigant en observation prolongée, une image qui grène dès qu’on dépend de l’illuminateur infrarouge, un zoom numérique 30x quasi inutilisable, une portée d’identification très en deçà des 350 mètres annoncés, un mode infrarouge maximal gourmand en piles, et une courbe d’apprentissage sur la mise au point. Je le conseille au chasseur de nuit ou au huttier débutant qui veut voir dans le noir à faible coût et à courte distance ; je le déconseille à qui vise la portée, la légèreté, la furtivité ou la détection pure, pour lesquelles le thermique reste, malgré son prix, une bien meilleure réponse.

Questions fréquentes

Le VIS1012 voit-il vraiment jusqu'à 350 mètres la nuit ?
Non, pas au sens où on l'entend spontanément. Les 350 mètres correspondent à une détection de masse ou de mouvement dans des conditions idéales, avec un peu de lumière ambiante. Pour identifier réellement un animal, savoir ce que c'est, s'il porte des bois, l'image reste fiable à bien plus courte distance, plutôt autour de la centaine de mètres, et se dégrade dès qu'on dépend entièrement de la lampe infrarouge dans le noir total. C'est une limite normale de la vision nocturne numérique, pas un défaut propre à ce modèle.
Est-ce un appareil thermique ? Voit-il la chaleur des animaux ?
Non, et c'est une confusion fréquente. Le VIS1012 est un appareil à infrarouge numérique : il éclaire la scène avec une lampe infrarouge invisible et filme le résultat avec un capteur, un peu comme une caméra de nuit. Il ne détecte pas la chaleur. Concrètement, un animal parfaitement immobile derrière de la végétation peut lui échapper, alors qu'un monoculaire thermique, qui lit le rayonnement de chaleur des corps, le repérerait. En revanche, le VIS1012 restitue des détails et des couleurs de jour que le thermique ne donne pas.
Quelle autonomie et faut-il des piles particulières ?
Il fonctionne avec quatre piles AA (LR06) standard, non fournies, faciles à trouver et à changer sur le terrain. Attention toutefois au mode 3, la puissance infrarouge maximale : c'est le réglage le plus gourmand, et les utilisateurs signalent une consommation rapide dans ce mode. La bonne pratique est d'utiliser des accumulateurs rechargeables et de toujours garder un jeu de secours dans la poche pour ne pas être pris de court au milieu d'une veille.
Peut-on l'utiliser sous la pluie en hutte ?
Oui, dans une certaine mesure. Il est donné pour la norme d'étanchéité IPX4, c'est-à-dire protégé contre les projections d'eau venant de toutes les directions, ce qui couvre une averse ou l'humidité d'un affût. En revanche, il n'est pas conçu pour être immergé : une chute dans la mare ou une pluie battante prolongée peuvent poser problème. Pour un usage huttier normal, avec un minimum de précaution, l'étanchéité est suffisante.
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