Jumelles Bushnell Legend L series 10×42 : test et avis
Une paire polyvalente à verre ED de génération précédente, aujourd'hui discontinuée, taillée pour l'observation nature et la chasse à la lumière du jour, pour qui trouve encore un exemplaire fiable.
La Bushnell Legend L series 10×42 n’est pas une nouveauté, et il faut le dire tout de suite : c’est une paire de la génération précédente, aujourd’hui officiellement retirée du catalogue Bushnell. Pendant plusieurs années, elle a pourtant été la référence du milieu de gamme abordable à verre ED, ce fameux verre à faible dispersion censé réduire les franges colorées. Je l’ai remise sur le terrain pour voir ce qu’elle vaut vraiment en 2026, et surtout pour vous dire si cela a encore du sens de la chercher en occasion ou en fin de stock.
Codée 198104 en noir et 198105 en camouflage Realtree, elle se situait dans la hiérarchie Bushnell au-dessus de la série M et sous les modèles premium, avec l’ambition claire d’offrir un maximum de traitements optiques pour un budget contenu. Aujourd’hui elle est remplacée dans les rayons par la Legend Ultra HD et surtout par la gamme Nitro, plus moderne. Voyons honnêtement ce qui tient encore, et ce qui a pris un coup de vieux.
Optique : un centre encore convaincant, des bords qui trahissent son âge
Au centre du champ, la Legend L fait toujours bonne figure. Le verre ED joue son rôle : sur un merle posé au soleil ou un rapace en vol, les contours restent propres et je ne suis pas gêné par des franges violettes ou vertes tant que le sujet est centré. Les couleurs sont neutres, sans dominante chaude ou froide marquée, ce que j’apprécie pour identifier un plumage sans être trompé par une teinte artificielle. La luminosité est bonne pour du 42 mm, avec une pupille de sortie de 4,2 mm qui suffit largement en journée.
Le problème, c’est la périphérie. Dès qu’on s’éloigne du centre, le piqué décroche nettement à cause d’une courbure de champ prononcée, et l’aberration chromatique redevient visible sur les contre-jours en bord de champ. C’est le défaut typique d’une optique milieu de gamme de cette génération : on ne l’excuse plus aussi facilement en 2026 face aux traitements actuels. Le champ de 113 m à 1000 m reste honnête sans être large.
Construction et ergonomie : du sérieux, avec une réserve sur la régularité
Sur ce terrain, la Legend L reste une bonne élève. Le châssis en alliage de magnésium, purgé à l’azote et scellé par joints toriques, est réellement étanche et anti-buée. Le blindage caoutchouc texturé offre une prise franche, même avec des gants humides, et le traitement RainGuard HD fait un travail remarquable pour évacuer les gouttes et éviter que l’oculaire ne s’embue au moindre écart de température. La dioptrie verrouillable et la molette centrale fluide sont des attentions qu’on ne trouvait pas toujours dans cette catégorie à l’époque.
Ma réserve, honnête, porte sur la régularité de fabrication. Certains exemplaires présentent une molette qui accroche ou une collimation imparfaite, un point qui revient assez souvent dans les retours d’utilisateurs pour que je le signale. C’est la loterie du milieu de gamme, et sur un modèle discontinué, sans SAV garanti, cela pèse davantage dans la balance.
Sur le terrain : confort correct, un poids qui se sent
En session d’observation prolongée, le dégagement oculaire annoncé à 18 mm m’a paru plus proche de 15 mm en pratique : les porteurs de lunettes verront le champ, mais de justesse. Les bonnetons crantés tiennent bien leurs positions, c’est appréciable. À 666 g, elle n’est pas lourde pour du 10×42, mais on la sent au bout de quelques heures au cou, et en 10x les tremblements de main se voient, comme toujours à ce grossissement. La mise au point mini autour de 2,4 m est correcte sans être un argument pour l’observation rapprochée des papillons.
Face à la concurrence actuelle et au reste de la gamme
C’est là que le bât blesse. La Legend L était excellente pour son positionnement quand elle était vendue neuve et facilement disponible, mais elle affronte aujourd’hui des paires plus récentes, mieux corrigées sur les bords et couvertes par une garantie active. Chez Bushnell, la Nitro et la Legend Ultra HD actuelles reprennent le flambeau avec des traitements plus modernes. Si vous hésitez entre les différentes références de la marque, je vous renvoie à notre comparatif des meilleures jumelles Bushnell, qui remet chaque modèle à sa juste place. Au vu de son optique centrale toujours agréable mais de ses bords mous et de son statut de modèle abandonné, je lui attribue sept virgule six sur dix : une bonne paire d’occasion, pas une valeur sûre à chercher à tout prix.
On aime
- Piqué central très correct grâce au verre ED, avec des couleurs neutres et fidèles
- Traitement RainGuard HD vraiment efficace sous la pluie et la buée
- Châssis magnésium étanche à l'azote, sérieux et bien protégé par son blindage caoutchouc
- Dégagement oculaire confortable et bonnetons crantés qui tiennent bien
- Molette de mise au point fluide avec dioptrie verrouillable, un vrai plus sur le terrain
On aime moins
- Bords d'image qui décrochent nettement : courbure de champ et perte de piqué sur le pourtour
- Aberration chromatique encore visible en périphérie sur les contre-jours, malgré le verre ED
- Dégagement oculaire réel plus proche de 15 mm que des 18 mm annoncés, un peu juste pour certains porteurs de lunettes
- Qualité de fabrication irrégulière et modèle discontinué : disponibilité aléatoire et suivi de garantie incertain
Notre verdict
La Bushnell Legend L series 10×42 reste une paire attachante : centre net, colorimétrie neutre, étanchéité et RainGuard HD irréprochables. Mais elle est discontinuée, ses bords décrochent et sa fabrication manque de régularité, ce qui la réserve aux bonnes occasions soigneusement vérifiées avant achat. Si vous partez sur du neuf avec une garantie et un suivi, ne restez pas bloqué sur ce modèle : consultez notre comparatif des meilleures jumelles Bushnell pour repérer les alternatives actuelles réellement disponibles, mieux corrigées optiquement et couvertes en cas de souci.

