Jumelles Swarovski Fernglas EL 8×32 : test et avis
Pour l ornithologue ou le randonneur exigeant qui veut un format compact 32 mm de niveau alpha, léger et lumineux, sans passer au 42 mm.
La Swarovski EL 8×32 Swarovision, apparue en 2012, appartient à la caste des jumelles alpha, tout en haut de la pyramide optique aux côtés de Leica et Zeiss. C est le format compact 32 mm de la légendaire gamme EL, celle qui a introduit le fameux champ plat Swarovision et redéfini ce qu on pouvait attendre d une paire de jumelles haut de gamme. Je l ai gardée longtemps en main sur le terrain, et elle m a marqué durablement.
Un point d honnêteté d entrée de jeu : ce modèle est aujourd hui officiellement discontinué. Swarovski a arrêté la production des EL 32 mm et les a remplacées par la NL Pure 8×32, plus large de champ et à l ergonomie retravaillée. On ne trouve donc plus la EL 8×32 facilement en neuf, mais elle circule encore en occasion et en fin de stock, et elle reste une valeur sûre pour qui met la main dessus.
Optique : la référence du champ plat
C est ici que la EL 8×32 justifie son statut. Le traitement Swarovision, avec verre HD fluorure et champ aplani, donne une image nette d un bord à l autre. Là où la plupart des jumelles se ramollissent dans le dernier tiers du champ, la EL reste piquée quasiment jusqu à l extrême périphérie. Sur le terrain, ça change tout : je peux placer un oiseau dans le coin de l image et le détailler sans recentrer. Les couleurs sont neutres et fidèles, le contraste élevé, et la transmission lumineuse excellente pour un 32 mm. Seule réserve que je note à la mire : une très légère zone de fléchissement vers 80-90 % du champ (ce que les puristes appellent l anneau d Absam), invisible en usage réel. Pour toutes ces raisons optiques, je lui mets 9,3/10.
Construction et ergonomie : du travail d orfèvre
Châssis en magnésium, revêtement caoutchouc précis, molette de mise au point fluide et sans jeu : on est dans le savoir-faire autrichien classique. L étanchéité et le remplissage azote sont irréprochables, aucune buée à déplorer. Le pont ouvert EL permet une prise en main naturelle, doigts glissés autour des fûts. Le dégagement oculaire de 20 mm est un vrai atout pour les porteurs de lunettes, dont je fais partie, qui gardent tout le champ visible. Sur les dernières séries, le système de sangle FieldPro modernise l attache. Et surtout, à environ 600 g, cette paire se porte toute une journée sans fatigue au cou.
Sur le terrain : agile mais sensible au contre-jour
En randonnée ornithologique, ce format 32 mm est un régal : léger, compact, lumineux en plein jour. La distance de mise au point minimale de 1,9 m est excellente pour observer papillons et libellules de près. Le champ de 141 m à 1000 m facilite la recherche d un sujet mobile. Le seul vrai défaut que j ai constaté, et il faut le dire clairement, c est la gestion des lumières rasantes : en contre-jour ou soleil bas, un voile lumineux et des croissants peuvent apparaître autour de la pupille de sortie. Ce n est pas rédhibitoire, mais un Zeiss Victory SF s en sort mieux sur ce point précis. La pupille de sortie de 4 mm montre aussi ses limites à la tombée de la nuit face à un 8×42.
Face à la concurrence actuelle
Comparée à la génération qui lui succède, la NL Pure 8×32 offre un champ encore plus large et une ergonomie plus enveloppante, au prix d un poids un peu supérieur (autour de 670 g). Le défaut de contre-jour, lui, reste présent sur les deux générations. Face à Leica Ultravid et Zeiss Victory dans le même format, la EL tient parfaitement la comparaison sur le piqué de bord. Si vous hésitez entre les différents modèles de la marque, je vous renvoie à notre comparatif complet des meilleures jumelles Swarovski, où je détaille les formats et générations pour choisir en connaissance de cause.
On aime
- Piqué de bord à bord bluffant grâce au champ plat Swarovision
- Format 32 mm vraiment léger (autour de 600 g) et transportable toute la journée
- Champ de vision large de 141 m à 1000 m, confortable pour suivre un oiseau
- Construction magnésium irréprochable, étanchéité et mise au point précise
- Dégagement oculaire de 20 mm, excellent pour les porteurs de lunettes
On aime moins
- Sensible aux lumières rasantes : voile lumineux et croissants sur la pupille en contre-jour
- Modèle discontinué, remplacé par le NL Pure 8×32, donc difficile à trouver neuf
- Zone de léger fléchissement du piqué vers 80-90 % du champ (anneau d Absam), visible sur mire
- Pupille de sortie de 4 mm qui montre ses limites en très faible luminosité face à un 8×42
Notre verdict
La Swarovski EL 8×32 Swarovision reste, des années après sa sortie, une des plus belles jumelles compactes que j aie utilisées : optique d exception, poids plume, finition sans faille. Son unique reproche sérieux est la sensibilité au contre-jour. Comme elle n est plus produite, si vous cherchez une paire neuve et achetable aujourd hui, orientez-vous vers sa remplaçante ou les autres modèles de la gamme que je passe en revue dans notre comparatif des jumelles Swarovski. Mais si vous croisez une EL 8×32 en bon état, ne la laissez pas passer : c est une valeur sûre.

