Jumelles Nikon Sportstar EX 10×25 : test et avis
Une paire de poche 10×25 fiable et étanche, pensée pour l'observation d'appoint en plein jour (rando, spectacle, safari léger) plutôt que pour l'ornithologie sérieuse.
La Nikon Sportstar EX 10×25 fait partie de ces petites jumelles de poche qu’on croise partout depuis presque vingt ans. Lancée en 2006, elle a longtemps été la compacte d’entrée de gamme de référence chez Nikon : étanche, pliable, légère, et vendue à un tarif accessible. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas une jumelle d’ornithologue exigeant, mais une paire d’appoint qu’on glisse dans un sac pour un concert, une rando ou un safari en plein soleil.
Attention toutefois, cette version est en bout de course. Nikon a présenté début 2026 la Sportstar EX II, qui vient la remplacer avec un habillage entièrement revu. La Sportstar EX première génération reste trouvable en stock chez certains revendeurs, mais vous achetez de fait un modèle de génération précédente. Je l’ai testée sur le terrain pour vous dire honnêtement ce qu’elle vaut encore aujourd’hui, et pour qui.
L’optique : correcte en plein jour, à la peine dès que la lumière baisse
Sur le papier, on a du 10x avec un objectif de 25 mm, prisme en toit (montage DCF) et lentilles multicouche. En pratique, l’image est nette et bien piquée au centre par grand soleil. Les couleurs restent naturelles, sans dominante criarde, ce qui est la signature Nikon. Le souci, c’est la pupille de sortie : 2,5 mm seulement. Concrètement, dès que la lumière baisse (sous les arbres, à l’aube, en fin de journée), l’image s’assombrit vite et vous perdez du détail. C’est la limite physique de toutes les 10×25, ce n’est pas un défaut propre à Nikon, mais il faut le savoir avant d’acheter.
Deuxième réserve : le traitement optique est daté. On est sur du multicouche partiel, sans verre ED et sans traitement de phase sur les prismes. Résultat, le contraste et la définition en bord de champ restent en retrait par rapport aux compactes récentes de la marque. Le champ de vision, 6,5° soit 114 m à 1000 m, est par ailleurs assez étroit : combiné au grossissement 10x, ça rend la recherche d’un sujet mobile un peu laborieuse, et la moindre tremblote des mains se voit. Pour tout ça, je lui mets sept sur dix : c’est une note juste, celle d’une entrée de gamme ancienne qui fait le travail sans briller. Si vous voulez comparer avec les autres modèles de la marque, notre comparatif des meilleures jumelles Nikon vous montrera ce que valent les références plus récentes et mieux traitées.
Construction et ergonomie : le vrai point fort
C’est là que la Sportstar EX marque des points. Le format pliable est vraiment réussi : on replie les deux tubes l’un contre l’autre et l’ensemble tient dans une poche de veste ou de sac à main. Le poids, autour de 300 g, se fait oublier autour du cou. L’habillage caoutchouc offre une bonne prise en main, même avec des mains un peu humides. Et surtout, contrairement à beaucoup de compactes bon marché, celle-ci est réellement étanche (immersion jusqu’à 2 m pendant 5 minutes) et remplie à l’azote pour éviter la buée interne. Pour une jumelle de cette gamme, c’est un vrai gage de durabilité.
Le bémol ergonomique, c’est le dégagement oculaire : 10 mm, c’est court, franchement court. Si vous portez des lunettes, vous ne verrez pas la totalité du champ, même en rabaissant les œilletons. C’est le principal reproche que je fais à ce modèle pour un usage prolongé.
Sur le terrain : l’usage d’appoint par excellence
Je l’ai emmenée sur plusieurs sorties. Pour repérer un chamois sur un versant ensoleillé, suivre une scène de concert depuis le fond d’une salle, ou détailler une façade en voyage, elle rend exactement le service attendu : sortie rapide de la poche, mise au point à la molette centrale douce, image propre. La distance de mise au point minimale de 3,5 m est correcte sans être un argument. En revanche, dès qu’on passe en observation prolongée ou en conditions sombres, la fatigue oculaire arrive et l’envie d’une vraie jumelle plus lumineuse se fait sentir. C’est une paire de dépannage haut de gamme, pas un outil d’observation quotidien.
Face à la concurrence actuelle
Le marché de la compacte a beaucoup évolué. Les 10×25 récentes, y compris chez Nikon avec la Sportstar EX II qui la remplace, apportent un habillage revu et un rendu plus moderne, et les gammes supérieures ajoutent verres ED et traitement de phase qui changent nettement le contraste. La Sportstar EX reste défendable si vous la trouvez en déstockage et que l’usage est purement occasionnel. Mais si vous partez de zéro aujourd’hui, il existe des compactes plus abouties, mieux traitées et plus confortables pour les porteurs de lunettes.
On aime
- Format ultra-compact et pliable qui tient dans une poche de veste
- Étanchéité et remplissage azote sérieux pour une jumelle de cette catégorie
- Poids plume autour de 300 g, on l'oublie autour du cou
- Piqué correct et bonne netteté au centre en plein jour
- Marque et SAV Nikon, valeur sûre pour un premier achat
On aime moins
- Dégagement oculaire de seulement 10 mm, vraiment court pour les porteurs de lunettes
- Pupille de sortie de 2,5 mm qui plonge en basse lumière (aube, sous-bois, crépuscule)
- Champ de vision étroit en 10x, on cherche vite son sujet et la tremblote se voit
- Optique multicouche partielle sans traitement de phase, contraste et bords en retrait, sur une base de 2006 en fin de vie
Notre verdict
La Nikon Sportstar EX 10×25 reste une petite jumelle attachante : solide, étanche, ultra-transportable et signée Nikon. Mais soyons clairs, c’est un modèle de 2006 en fin de vie, aujourd’hui remplacé par la Sportstar EX II, avec une optique datée, une lumière juste et un dégagement oculaire trop court pour les lunettes. Je la conseille uniquement en usage d’appoint occasionnel et en plein jour. Si vous cherchez une paire à garder plusieurs années ou pour observer sérieusement, regardez plutôt les modèles actuels et achetables de notre comparatif des meilleures jumelles Nikon, où figurent des alternatives mieux traitées et plus polyvalentes.

